Traitement des condylomes anaux a Epinal et Nancy
Chirurgie digestive, cancérologique et robotique
Diagnostic, traitement et surveillance des lesions liees au papillomavirus humain
Dr Elias Bouziane, chirurgien viscéral & digestif
Les condylomes anaux, également appelés condylomes acuminés ou verrues anogénitales, sont des lésions provoquées par une infection par certains papillomavirus humains, ou HPV.
Ils peuvent se développer :
- sur la peau autour de l’anus ;
- au niveau de la marge anale ;
- à l’intérieur du canal anal ;
- sur le périnée ;
- sur les organes génitaux.
Les condylomes sont généralement bénins. Dans environ 90 % des cas, ils sont associés aux HPV de types 6 ou 11, considérés comme des virus à faible risque cancéreux.
Ces HPV doivent être distingués des HPV dits à haut risque, qui peuvent être responsables de lésions précancéreuses ou de certains cancers. Plusieurs types de HPV peuvent néanmoins être présents simultanément chez une même personne, ce qui explique l’importance d’examiner ou de biopsier certaines lésions atypiques.
Le traitement vise à :
- éliminer les lésions visibles ;
- soulager les éventuels symptômes ;
- limiter leur extension ;
- préserver la peau et le canal anal ;
- analyser les lésions suspectes ;
- dépister les récidives ;
- organiser une surveillance spécifique chez les patients présentant un risque accru.
Aucun traitement ne garantit l’élimination immédiate et définitive du virus. Des récidives peuvent donc survenir après la disparition complète des condylomes visibles.
Qu’est ce qu’un papillomavirus humain ?
Chirurgie proctologique à Nancy
Les papillomavirus humains regroupent une famille de virus très fréquents infectant la peau et les muqueuses.
Plus de 200 types de HPV ont été identifiés.
Ils sont classés en deux grands groupes.
HPV à faible risque cancéreux
Ces virus sont principalement responsables de lésions bénignes, notamment les condylomes anogénitaux.
Les HPV 6 et 11 sont les plus fréquemment retrouvés dans les condylomes.
Ils ne sont généralement pas responsables des cancers liés au HPV.
HPV à haut risque cancéreux
Certains types de HPV peuvent provoquer des modifications persistantes des cellules appelées lésions intraépithéliales ou dysplasies.
Ces anomalies peuvent concerner :
- le col de l’utérus ;
- la vulve ;
- le vagin ;
- le pénis ;
- le canal anal ;
- certaines régions de la bouche et de la gorge.
Dans une minorité de situations, une infection persistante par un HPV à haut risque peut évoluer vers un cancer.
La présence de condylomes ne signifie donc pas que le patient présente un cancer ou qu’il en développera un. Elle indique cependant une exposition au HPV et peut justifier une évaluation adaptée au profil de risque individuel.
Traitement des condylomes anaux a Epinal et Nancy
Comment le HPV se transmet-il ?
Le HPV se transmet principalement lors de contacts directs entre la peau ou les muqueuses.
La transmission peut survenir lors :
- de rapports sexuels avec ou sans pénétration ;
- de contacts anaux, génitaux ou oro-génitaux ;
- de contacts intimes peau contre peau ;
- du partage de dispositifs sexuels insuffisamment nettoyés ou protégés.
Une pénétration anale n’est pas indispensable pour développer des condylomes autour de l’anus.
Le virus peut être transmis alors qu’aucune lésion n’est visible.
L’utilisation d’un préservatif réduit le risque de transmission, mais ne le supprime pas complètement, car certaines zones porteuses du virus peuvent ne pas être couvertes.
Quand les condylomes apparaissent-ils après la contamination ?
Les lésions peuvent apparaître :
- quelques semaines après l’infection ;
- plusieurs mois plus tard ;
- parfois plusieurs années après le contact initial.
Il est généralement impossible de déterminer avec certitude la date de contamination ou la personne à l’origine de la transmission.
La découverte de condylomes ne permet donc pas de conclure à une contamination récente ni d’affirmer qu’une infidélité a eu lieu.
Les partenaires peuvent partager le même HPV alors qu’un seul d’entre eux développe des lésions visibles.
Peut-on être porteur du HPV sans avoir de condylomes ?
Oui.
La majorité des infections à HPV ne provoque aucun symptôme visible.
Le système immunitaire contrôle ou élimine souvent progressivement l’infection.
Une personne peut néanmoins transmettre le virus alors qu’elle ne présente :
- aucune verrue ;
- aucune douleur ;
- aucun écoulement ;
- aucune anomalie visible.
L’absence de condylome ne signifie donc pas nécessairement l’absence d’exposition au HPV.
Quels sont les symptômes des condylomes anaux ?
Les condylomes sont souvent indolores.
Ils peuvent être découverts fortuitement lors :
- de la toilette ;
- d’un examen médical ;
- d’une consultation gynécologique, dermatologique ou proctologique ;
- d’un bilan réalisé chez un partenaire.
Lorsqu’ils provoquent des symptômes, ceux-ci peuvent comprendre :
- une sensation de relief autour de l’anus ;
- de petites excroissances cutanées ;
- des démangeaisons ;
- une irritation ;
- des suintements ;
- une sensation d’humidité ;
- de petits saignements ;
- une gêne lors de la toilette ;
- une gêne pendant les rapports ;
- une sensation de masse ou de corps étranger ;
- plus rarement, une douleur.
Les lésions peuvent être :
- isolées ;
- multiples ;
- plates ;
- surélevées ;
- lisses ;
- verruqueuses ;
- regroupées en plaques ;
- parfois volumineuses et former un aspect en « chou-fleur ».
Les condylomes peuvent-ils être situés uniquement dans le canal anal ?
Oui.
Certaines lésions se développent exclusivement dans le canal anal et ne sont pas visibles lors de l’inspection extérieure.
Elles peuvent provoquer :
- de petits saignements ;
- des suintements ;
- une sensation de gêne ;
- une irritation ;
- parfois aucun symptôme.
La présence de condylomes autour de l’anus peut être associée à des lésions internes.
Un toucher rectal et une anuscopie peuvent donc être proposés afin d’examiner le canal anal. Les recommandations considèrent qu’une inspection du canal anal est utile chez les patients présentant des condylomes péri-anaux, car des lésions internes peuvent être associées.
Les condylomes ressemblent-ils toujours à des verrues ?
Non.
Plusieurs maladies peuvent ressembler à des condylomes :
- replis cutanés bénins ;
- papilles anales normales ;
- molluscum contagiosum ;
- lésions de syphilis secondaire ;
- lésions inflammatoires ;
- lésions précancéreuses ;
- carcinome épidermoïde ;
- autres maladies dermatologiques.
Une lésion inhabituelle ne doit donc pas être traitée automatiquement comme un condylome sans examen médical.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Une consultation rapide est recommandée lorsqu’une lésion :
- augmente rapidement de volume ;
- saigne spontanément ;
- devient douloureuse ;
- est ulcérée ;
- devient dure ou indurée ;
- paraît fixée aux tissus profonds ;
- présente une pigmentation inhabituelle ;
- ne répond pas au traitement ;
- récidive très rapidement ;
- s’accompagne de ganglions dans l’aine ;
- provoque une difficulté à évacuer les selles ;
- altère l’état général.
Une vigilance particulière est nécessaire chez les patients immunodéprimés, car certaines lésions tumorales peuvent ressembler à des condylomes.
Comment diagnostique-t-on les condylomes anaux ?
Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique.
La consultation permet de préciser :
- la date d’apparition des lésions ;
- leur évolution ;
- les précédents traitements ;
- l’existence de récidives ;
- les éventuels symptômes ;
- les autres localisations anogénitales ;
- le statut vaccinal contre le HPV ;
- les facteurs d’immunodépression ;
- les antécédents de lésions liées au HPV ;
- les éventuels examens de dépistage déjà réalisés.
Inspection de la région ano-périnéale
L’inspection permet d’évaluer :
- le nombre de condylomes ;
- leur taille ;
- leur aspect ;
- leur localisation ;
- leur caractère isolé ou regroupé ;
- l’état de la peau environnante ;
- la présence d’une lésion atypique.
L’examen peut également porter sur les régions génitales voisines afin de rechercher d’autres localisations visibles.
Toucher rectal
Le toucher rectal peut être réalisé pour rechercher :
- des lésions internes ;
- une induration ;
- une masse ;
- une anomalie du canal anal ;
- une douleur inhabituelle ;
- une atteinte plus profonde.
Il est généralement rapide et réalisé avec précaution.
Anuscopie
L’anuscopie permet de visualiser directement l’intérieur du canal anal à l’aide d’un petit instrument.
Elle est particulièrement utile lorsque :
- des condylomes péri-anaux sont présents ;
- une atteinte interne est suspectée ;
- le patient présente des saignements ;
- les lésions récidivent ;
- une intervention est envisagée.
L’examen permet de cartographier les lésions et de choisir le traitement le plus adapté.
Les condylomes strictement intra-anaux nécessitent une prise en charge spécialisée afin de traiter les lésions tout en évitant une cicatrisation excessive ou un rétrécissement du canal anal.
Un test HPV est-il nécessaire pour diagnostiquer les condylomes ?
Non.
Le diagnostic des condylomes est généralement clinique.
Un test recherchant le type de HPV n’est pas recommandé pour confirmer une verrue anogénitale, car son résultat :
- ne confirme pas nécessairement la nature de la lésion ;
- ne modifie généralement pas le traitement ;
- ne permet pas de prévoir avec certitude l’évolution ;
- n’est pas utile pour choisir entre les différentes techniques.
Lorsqu’un doute existe, une biopsie est plus informative qu’un simple test HPV.
Quand faut-il réaliser une biopsie ?
La biopsie n’est pas systématique pour une lésion typique.
Elle peut être recommandée lorsque la lésion est :
- pigmentée ;
- dure ou indurée ;
- fixée aux tissus profonds ;
- ulcérée ;
- spontanément hémorragique ;
- très volumineuse ;
- d’aspect inhabituel ;
- résistante à un traitement correctement réalisé ;
- en aggravation malgré le traitement.
Une biopsie est également plus volontiers réalisée :
- lorsque le diagnostic est incertain ;
- chez un patient immunodéprimé ;
- en présence d’une récidive inhabituelle ;
- lorsqu’une lésion précancéreuse ou cancéreuse est suspectée.
L’échantillon est envoyé au laboratoire d’anatomopathologie afin d’en analyser les cellules.
Quelle est la différence entre condylome et dysplasie anale ?
Un condylome est une verrue généralement provoquée par un HPV à faible risque.
Une dysplasie anale correspond à une modification anormale des cellules de la peau ou de la muqueuse anale.
Elle peut être classée en :
- lésion intraépithéliale de bas grade ;
- lésion intraépithéliale de haut grade.
Les lésions de haut grade sont également appelées HSIL. Elles sont considérées comme des lésions précancéreuses, mais elles ne correspondent pas encore à un cancer invasif.
Un condylome et une dysplasie peuvent :
- avoir un aspect différent ;
- se ressembler à l’examen ;
- coexister chez le même patient ;
- être distingués uniquement par une biopsie.
La découverte d’un condylome ne signifie pas automatiquement qu’une dysplasie est présente.
Existe-t-il un risque de cancer anal ?
La grande majorité des condylomes ne se transforme pas en cancer.
Les HPV responsables des verrues sont généralement différents des HPV à haut risque impliqués dans les cancers.
Le risque de lésion précancéreuse ou de cancer est surtout augmenté chez certaines populations :
- personnes vivant avec le VIH ;
- patients immunodéprimés ;
- personnes ayant reçu une transplantation ;
- patients présentant des lésions HPV persistantes ou récidivantes ;
- antécédent de dysplasie ou de cancer du col de l’utérus, de la vulve ou du vagin ;
- antécédent de dysplasie anale ;
- tabagisme ;
- certains hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ;
- patients présentant une lésion atypique ou indurée.
Dans ces situations, une surveillance spécialisée peut être proposée.
Les recommandations internationales récentes proposent un dépistage anal ciblé chez certaines populations à haut risque, mais pas un dépistage identique et systématique pour toute la population.
Qu’est-ce que l’anuscopie haute résolution ?
L’anuscopie haute résolution est un examen spécialisé utilisé pour rechercher et cartographier des lésions anales précancéreuses.
Après application de produits permettant de mieux visualiser les anomalies, le canal anal est examiné à l’aide d’un dispositif grossissant.
Des biopsies ciblées peuvent être réalisées.
Cet examen n’est pas nécessaire pour tous les patients présentant des condylomes.
Il peut être proposé notamment :
- après une cytologie anale anormale ;
- chez certains patients à haut risque ;
- en cas de suspicion de dysplasie ;
- pour surveiller une lésion intraépithéliale connue ;
- lorsque l’examen clinique ou l’anatomopathologie le justifie.
Faut-il réaliser un frottis anal chez tous les patients ?
Non.
Il n’existe pas de recommandation de frottis anal systématique pour toute personne présentant un condylome.
Une cytologie anale peut être intégrée à un programme de dépistage destiné à certaines populations présentant un risque accru.
Elle ne doit être réalisée que si une organisation permet :
- l’interprétation du résultat ;
- la réalisation d’examens complémentaires ;
- l’accès à une anuscopie haute résolution lorsque cela est indiqué ;
- la prise en charge des lésions détectées.
La décision dépend donc du profil du patient et des ressources spécialisées disponibles.
Faut-il rechercher d’autres infections sexuellement transmissibles ?
La découverte de condylomes peut être l’occasion de proposer un dépistage adapté des autres infections sexuellement transmissibles.
Selon les pratiques, les symptômes et les facteurs de risque, ce bilan peut rechercher :
- VIH ;
- syphilis ;
- hépatites virales ;
- infection à Chlamydia ;
- gonococcie ;
- autres infections selon le contexte.
Ce dépistage n’est pas une conséquence automatique de la gravité des condylomes, mais s’inscrit dans une démarche globale de santé sexuelle.
Les condylomes doivent-ils toujours être traités ?
Pas nécessairement.
Chez certaines personnes immunocompétentes, de petites lésions peuvent régresser spontanément.
Sans traitement, les condylomes peuvent :
- disparaître ;
- rester stables ;
- augmenter de taille ;
- devenir plus nombreux.
Une surveillance peut être discutée pour des lésions très limitées, asymptomatiques et typiques, après information du patient.
Un traitement est plus volontiers proposé lorsque :
- les lésions augmentent ;
- elles sont nombreuses ;
- elles provoquent une gêne ;
- elles saignent ou s’irritent ;
- elles sont situées dans le canal anal ;
- leur aspect est incertain ;
- elles ont un retentissement psychologique ou sexuel ;
- le patient souhaite leur disparition ;
- une biopsie ou une analyse est nécessaire.
Aucune méthode ne s’est montrée supérieure dans toutes les situations. Le choix dépend du nombre, de la taille, de la localisation, des préférences du patient et de l’expérience du praticien.
Quels sont les objectifs du traitement ?
Le traitement vise à :
- retirer ou détruire les lésions visibles ;
- diminuer les symptômes ;
- améliorer le confort ;
- limiter l’extension locale ;
- permettre l’analyse d’une lésion suspecte ;
- préserver la fonction du canal anal ;
- éviter une cicatrice excessive ;
- organiser le suivi des récidives.
Le traitement des verrues ne garantit pas la disparition immédiate du HPV présent dans les tissus environnants.
Il n’est pas démontré que la suppression des lésions visibles élimine totalement le risque de transmission.
Traitements locaux appliqués par le patient
Certains condylomes externes et facilement accessibles peuvent être traités par un médicament appliqué directement par le patient.
Ces traitements ne doivent être utilisés que sur les lésions précisément identifiées par le médecin.
Ils ne sont généralement pas adaptés :
- aux lésions internes du canal anal ;
- aux grandes surfaces ;
- aux lésions atypiques ;
- aux plaies ;
- aux muqueuses non concernées par l’autorisation du produit ;
- à certaines situations de grossesse ;
- aux patients ne pouvant pas visualiser correctement les lésions.
Imiquimod
L’imiquimod est un traitement local qui stimule la réponse immunitaire contre les cellules infectées par le HPV.
Il est appliqué selon un schéma prescrit pendant plusieurs semaines.
Il peut provoquer :
- rougeur ;
- irritation ;
- brûlure ;
- démangeaisons ;
- érosion superficielle ;
- douleur locale.
Ces réactions témoignent en partie de l’action du traitement, mais une irritation trop importante peut nécessiter une interruption temporaire ou une adaptation.
L’imiquimod ne doit pas être appliqué à l’intérieur du canal anal sans indication spécialisée.
Podophyllotoxine
La podophyllotoxine provoque la destruction progressive des cellules constituant les verrues.
Elle peut être utilisée pour certains condylomes externes accessibles.
Elle nécessite une application précise afin d’éviter de léser la peau saine.
Elle n’est pas adaptée à toutes les localisations et ne doit notamment pas être utilisée pendant la grossesse.
Le choix du médicament et ses modalités d’utilisation doivent être expliqués par le prescripteur.
Traitements réalisés par le médecin
Les traitements pouvant être réalisés en consultation ou au bloc opératoire comprennent notamment :
- cryothérapie ;
- application d’un acide médical ;
- électrocoagulation ;
- exérèse chirurgicale ;
- curetage ;
- traitement laser dans certaines situations.
Le choix dépend :
- du nombre de lésions ;
- de leur taille ;
- de leur localisation externe ou interne ;
- de la nécessité d’une analyse histologique ;
- de la tolérance du patient ;
- des précédents traitements ;
- de l’importance de la surface concernée.
Cryothérapie
La cryothérapie utilise le froid, généralement sous forme d’azote liquide, pour détruire les condylomes.
Elle peut être adaptée à certaines lésions externes de petite taille.
Plusieurs séances peuvent être nécessaires.
Les suites peuvent comprendre :
- douleur locale ;
- gonflement ;
- formation d’une petite cloque ;
- suintement ;
- modification temporaire ou durable de la pigmentation.
La cryothérapie des lésions internes nécessite une expérience et un matériel adaptés.
Traitement chimique médical
Certains acides peuvent être appliqués directement sur les condylomes par un professionnel de santé.
Ils provoquent une destruction chimique contrôlée de la lésion.
L’application doit être précise afin de préserver la peau environnante.
Plusieurs séances espacées peuvent être nécessaires.
Électrocoagulation
L’électrocoagulation utilise un courant électrique pour détruire les lésions.
Elle peut être réalisée :
- sous anesthésie locale ;
- sous anesthésie générale ;
- seule ;
- en association avec une exérèse.
Elle est particulièrement utile lorsque les condylomes sont :
- nombreux ;
- regroupés ;
- récidivants ;
- situés dans le canal anal ;
- difficiles à traiter par une crème.
La profondeur de destruction doit être contrôlée afin de limiter :
- les brûlures profondes ;
- les cicatrices ;
- les douleurs persistantes ;
- le risque de rétrécissement du canal anal.
Exérèse chirurgicale
L’exérèse consiste à retirer une lésion avec des ciseaux fins ou un bistouri.
Elle permet d’obtenir un prélèvement complet pour analyse anatomopathologique.
Elle est particulièrement utile lorsque la lésion est :
- volumineuse ;
- isolée ;
- atypique ;
- indurée ;
- pigmentée ;
- ulcérée ;
- résistante aux autres traitements ;
- suspecte de dysplasie ou de cancer.
L’exérèse peut être associée à une électrocoagulation des petites lésions environnantes.
Traitement laser
Un laser peut être utilisé pour détruire certains condylomes.
Il peut être utile pour des lésions :
- multiples ;
- récidivantes ;
- difficiles d’accès ;
- étendues sur certaines surfaces.
Le laser ne garantit pas un taux de récidive inférieur aux autres techniques et nécessite un équipement ainsi que des précautions spécifiques.
Les fumées produites lors de la destruction doivent être aspirées à l’aide d’un système adapté.
Pourquoi certaines interventions sont-elles réalisées en plusieurs fois ?
Lorsque les condylomes sont très nombreux ou occupent une grande partie de la circonférence du canal anal, une destruction trop étendue en une seule séance pourrait provoquer :
- une douleur importante ;
- une cicatrisation difficile ;
- une fusion des plaies ;
- une cicatrice rétractile ;
- un rétrécissement du canal anal.
Le traitement peut donc être réparti sur plusieurs interventions afin de laisser des zones de muqueuse saine entre les surfaces traitées.
Cette stratégie permet de préserver la souplesse et le calibre du canal anal.
Comment se déroule l’intervention chirurgicale ?
Selon l’étendue des lésions, l’intervention peut être réalisée sous anesthésie locale, locorégionale ou générale.
Elle comprend généralement :
- l’examen complet de la région ano-périnéale ;
- l’inspection du canal anal ;
- la cartographie des condylomes ;
- la biopsie ou l’exérèse des lésions suspectes ;
- la destruction des autres lésions ;
- le contrôle du saignement ;
- la vérification de la préservation de zones saines.
Les lésions retirées peuvent être adressées au laboratoire pour analyse.
Une prise en charge ambulatoire est possible dans la majorité des situations.
Quelles sont les suites du traitement ?
Les suites varient selon :
- le nombre de condylomes ;
- leur localisation ;
- la technique utilisée ;
- l’étendue de la surface traitée.
Des symptômes transitoires peuvent apparaître :
- douleur ;
- brûlure ;
- gonflement ;
- petits saignements ;
- suintements ;
- gêne lors de la défécation ;
- irritation cutanée.
Des antalgiques et des soins locaux peuvent être prescrits.
Après un traitement du canal anal, une régularisation du transit permet de limiter les douleurs lors des selles.
Comment soigner la zone après l’intervention ?
Les soins peuvent comprendre :
- une toilette douce à l’eau ;
- un rinçage après les selles ;
- un séchage par tamponnement ;
- une protection absorbante ;
- une pommade cicatrisante ou protectrice selon les consignes ;
- des antalgiques ;
- un laxatif si nécessaire.
Il convient d’éviter :
- les produits parfumés ;
- les antiseptiques répétés sans indication ;
- les frottements ;
- le grattage ;
- l’application de traitements non prescrits.
Les consignes dépendent du geste réalisé et doivent être suivies jusqu’à cicatrisation.
Quand reprendre les rapports sexuels ?
Il est généralement conseillé d’attendre :
- la cicatrisation des zones traitées ;
- la disparition des douleurs ;
- l’arrêt des saignements et des suintements.
Les frottements pourraient provoquer une douleur, un saignement ou un retard de cicatrisation.
Même après la disparition des condylomes, le HPV peut persister et être transmis.
L’utilisation d’une protection diminue le risque sans l’annuler complètement.
Pourquoi les récidives sont-elles fréquentes ?
Le traitement détruit les lésions visibles mais ne supprime pas nécessairement immédiatement le virus présent dans les tissus voisins.
De nouvelles lésions peuvent apparaître :
- à proximité de la zone traitée ;
- sur une autre région anogénitale ;
- quelques semaines ou quelques mois plus tard.
Les récidives sont particulièrement fréquentes au cours des premiers mois suivant le traitement.
Elles sont favorisées par :
- l’immunodépression ;
- une infection par le VIH insuffisamment contrôlée ;
- le tabagisme ;
- des lésions initialement nombreuses ;
- une atteinte interne du canal anal ;
- une infection persistante ;
- une réexposition à différents types de HPV.
Une récidive ne signifie pas nécessairement que le traitement initial a été mal réalisé.
Quel suivi est nécessaire ?
Le suivi permet :
- de contrôler la cicatrisation ;
- de rechercher de nouvelles lésions ;
- de vérifier l’absence de rétrécissement ;
- d’analyser le résultat des biopsies ;
- d’adapter la fréquence de la surveillance ;
- de discuter la vaccination.
La fréquence des consultations dépend :
- du nombre initial de lésions ;
- de leur localisation ;
- de leur caractère récidivant ;
- du statut immunitaire ;
- des résultats anatomopathologiques ;
- de la présence d’une dysplasie.
Un patient présentant quelques condylomes bénins et complètement traités ne nécessite pas la même surveillance qu’un patient immunodéprimé présentant une lésion anale de haut grade.
Faut-il examiner ou traiter le partenaire ?
Les partenaires peuvent déjà avoir été exposés au HPV, même en l’absence de condylome visible.
Un test HPV systématique chez le partenaire n’est pas recommandé dans le seul contexte de condylomes.
Il peut néanmoins être utile de proposer :
- un examen clinique en présence d’une lésion ;
- un bilan des autres infections sexuellement transmissibles ;
- une vérification du statut vaccinal ;
- les dépistages gynécologiques habituels lorsqu’ils sont indiqués.
Les partenaires actuels doivent être informés de la présence de condylomes afin de pouvoir bénéficier de conseils et, si nécessaire, d’une évaluation médicale.
Quelle est la place de la vaccination contre le HPV ?
La vaccination permet de prévenir les infections provoquées par plusieurs types de HPV responsables :
- de condylomes ;
- de lésions précancéreuses ;
- de cancers liés au HPV.
Elle est d’autant plus efficace qu’elle est réalisée avant l’exposition au virus.
En France, la vaccination est recommandée chez les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans. Depuis décembre 2025, le rattrapage vaccinal est recommandé jusqu’à 26 ans inclus chez les jeunes femmes et les jeunes hommes.
Le schéma comprend généralement :
- deux doses lorsque la vaccination est commencée avant 15 ans ;
- trois doses lorsqu’elle est commencée à partir de 15 ans.
Les recommandations peuvent être adaptées à certaines situations particulières, notamment en cas d’immunodépression ou de projet de transplantation.
La vaccination reste-t-elle utile après l’apparition de condylomes ?
Oui, selon l’âge et la situation vaccinale.
Le vaccin ne traite pas :
- les condylomes déjà présents ;
- l’infection déjà acquise ;
- une dysplasie déjà constituée.
Il peut néanmoins protéger contre d’autres types de HPV inclus dans le vaccin auxquels la personne n’a pas encore été exposée.
La présence actuelle ou passée de condylomes ne constitue donc pas nécessairement une raison de renoncer à la vaccination.
L’intérêt doit être discuté selon :
- l’âge ;
- le nombre de doses déjà reçues ;
- les recommandations en vigueur ;
- les facteurs de risque individuels.
Les condylomes pendant la grossesse
Les condylomes peuvent augmenter de taille ou devenir plus fragiles pendant la grossesse.
Tous les traitements locaux ne peuvent pas être utilisés pendant cette période.
La prise en charge doit être coordonnée avec le gynécologue ou l’obstétricien.
Une césarienne n’est pas indiquée uniquement pour éviter la transmission du HPV. Elle peut être discutée exceptionnellement lorsque les lésions obstruent la voie d’accouchement ou exposent à un saignement important.
Les condylomes sont-ils toujours liés à un rapport sexuel récent ?
Non.
Le HPV est transmis principalement lors de contacts sexuels ou intimes, mais les lésions peuvent apparaître longtemps après la contamination.
Il est impossible, dans la majorité des cas, de déterminer :
- la date exacte de l’infection ;
- le partenaire à l’origine de la transmission ;
- depuis combien de temps le virus est présent.
Quels sont les risques du traitement ?
Les complications dépendent de la technique et de l’étendue des lésions.
Elles peuvent comprendre :
- douleur ;
- irritation ;
- brûlure ;
- saignement ;
- infection ;
- retard de cicatrisation ;
- modification de la pigmentation ;
- cicatrice ;
- récidive ;
- gêne persistante ;
- rétrécissement du canal anal après un traitement très étendu ;
- plus rarement, douleur chronique ou fistule.
Le risque de sténose est limité par une destruction prudente et, si nécessaire, par un traitement réalisé en plusieurs étapes.
Quand consulter après le traitement ?
Une réévaluation rapide est recommandée en cas :
- de fièvre ;
- de douleur croissante ;
- de saignement abondant ;
- d’écoulement purulent ;
- de difficulté importante à aller à la selle ;
- de gonflement inhabituel ;
- d’impossibilité d’uriner ;
- d’apparition rapide d’une nouvelle lésion ;
- de plaie ne cicatrisant pas ;
- d’altération de l’état général.
Foire aux questions
Les condylomes sont-ils toujours une infection sexuellement transmissible ?
Ils sont principalement transmis lors de contacts sexuels ou intimes peau contre peau. Une pénétration n’est pas nécessaire.
Peut-on savoir quand la contamination a eu lieu ?
Non. Les lésions peuvent apparaître plusieurs mois ou plusieurs années après l’infection.
Les condylomes sont-ils cancéreux ?
Non. La majorité des condylomes est bénigne et liée à des HPV à faible risque. Une biopsie peut néanmoins être nécessaire lorsqu’une lésion est atypique ou suspecte.
Un condylome peut-il se transformer en cancer ?
Un condylome typique lié aux HPV 6 ou 11 ne constitue généralement pas une lésion précancéreuse. Une dysplasie liée à un HPV à haut risque peut toutefois coexister ou ressembler à un condylome.
Le HPV peut-il être définitivement éliminé ?
Il n’existe pas de traitement permettant d’éradiquer directement le virus. Le système immunitaire peut néanmoins le contrôler ou le rendre indétectable avec le temps.
Les condylomes peuvent-ils disparaître spontanément ?
Oui. Certaines petites lésions peuvent régresser, tandis que d’autres restent stables ou augmentent.
Les condylomes doivent-ils toujours être retirés ?
Non. Une surveillance peut être discutée pour certaines lésions limitées et asymptomatiques. Le traitement dépend de leur taille, de leur localisation et de la gêne provoquée.
Une crème peut-elle traiter les condylomes internes ?
Les traitements appliqués par le patient sont surtout destinés aux lésions externes et accessibles. Les condylomes intra-anaux nécessitent généralement une prise en charge spécialisée.
Une biopsie est-elle toujours nécessaire ?
Non. Elle est surtout indiquée lorsque la lésion est atypique, résistante au traitement ou suspecte.
Un test HPV est-il nécessaire ?
Non pour diagnostiquer un condylome. Son résultat ne permet généralement pas de choisir le traitement.
Pourquoi les condylomes récidivent-ils ?
Le virus peut rester présent dans les tissus voisins après la disparition des lésions visibles.
Peut-on transmettre le HPV après le traitement ?
Oui. La disparition des condylomes ne garantit pas l’élimination immédiate du virus.
Le préservatif protège-t-il complètement ?
Non. Il diminue le risque, mais certaines zones infectées peuvent ne pas être couvertes.
Le partenaire doit-il être traité automatiquement ?
Non. Seules les lésions présentes doivent être évaluées et traitées. Un examen et un dépistage des autres infections peuvent être proposés.
La vaccination peut-elle traiter les condylomes présents ?
Non. Elle est préventive, mais peut rester utile pour protéger contre d’autres types de HPV.
Les récidives sont-elles plus fréquentes en cas d’immunodépression ?
Oui. Les lésions peuvent être plus nombreuses, plus volumineuses et plus difficiles à traiter chez les patients immunodéprimés.
Les condylomes peuvent-ils être situés uniquement à l’intérieur de l’anus ?
Oui. Une anuscopie peut être nécessaire pour les détecter.
L’intervention est-elle réalisée en ambulatoire ?
Oui, dans la majorité des cas. Une hospitalisation peut être nécessaire pour des lésions très étendues ou un terrain médical particulier.
Combien de temps faut-il pour cicatriser ?
La durée varie selon la surface traitée et la technique. Elle peut aller de quelques jours à plusieurs semaines.
Peut-on reprendre rapidement le travail ?
La reprise dépend de la douleur, du nombre de lésions traitées, de leur localisation et de l’activité professionnelle.
Traitement des condylomes anaux à Nancy et Épinal
Le Docteur Elias Bouziane prend en charge à Nancy et à Épinal :
- les condylomes péri-anaux ;
- les condylomes de la marge anale ;
- les condylomes situés dans le canal anal ;
- les lésions multiples ou récidivantes ;
- les condylomes nécessitant une électrocoagulation ;
- les lésions nécessitant une exérèse et une analyse anatomopathologique ;
- les lésions atypiques nécessitant une biopsie ;
- les patients nécessitant une orientation pour une surveillance spécialisée des lésions liées au HPV.
La consultation permet :
- de confirmer le diagnostic ;
- d’examiner la région ano-périnéale ;
- de rechercher une atteinte du canal anal ;
- de distinguer un condylome bénin d’une lésion suspecte ;
- de choisir entre surveillance, traitement local et intervention ;
- d’organiser le suivi ;
- de discuter la vaccination contre le HPV.
Lorsque les lésions sont nombreuses, internes ou étendues, une intervention ambulatoire peut être proposée afin de les retirer ou de les détruire.
L’objectif est d’obtenir le meilleur contrôle possible des lésions tout en préservant la peau, la souplesse du canal anal et la qualité de vie.