Chirurgie digestive d’urgence a Epinal et Nancy
Chirurgie digestive, cancérologique et robotique
Prise en charge des urgences abdominales et digestives pouvant necessiter une intervention chirurgicale
Dr Elias Bouziane, chirurgien viscéral & digestif
La chirurgie digestive d’urgence concerne les maladies abdominales nécessitant une évaluation et un traitement rapides afin d’éviter une aggravation, une infection sévère, une perforation digestive ou une souffrance irréversible d’un organe.
Certaines pathologies apparaissent brutalement chez une personne jusque-là en bonne santé. D’autres correspondent à la complication soudaine d’une maladie déjà connue, comme une hernie, des calculs de la vésicule biliaire, une diverticulite ou une tumeur digestive.
Les principales urgences prises en charge en chirurgie digestive comprennent notamment :
- l’appendicite aiguë ;
- la cholécystite aiguë ;
- l’occlusion intestinale ;
- la hernie étranglée ;
- les perforations digestives ;
- les péritonites ;
- les diverticulites compliquées ;
- les abcès intra-abdominaux ;
- certaines hémorragies digestives ;
- l’ischémie intestinale ;
- certaines complications postopératoires.
Une urgence digestive ne conduit pas systématiquement à une opération. Selon la cause et la gravité, le traitement peut reposer sur une surveillance hospitalière, des médicaments, une endoscopie, un drainage radiologique ou une intervention chirurgicale.
La priorité est d’établir rapidement le diagnostic, de stabiliser l’état du patient et de choisir la stratégie présentant le meilleur rapport entre efficacité et sécurité.
Que faire en cas de douleur abdominale intense ?
Chirurgie d'urgence à Nancy
Une douleur abdominale brutale, intense, persistante ou associée à des signes généraux ne doit pas conduire à attendre un rendez-vous de consultation programmé.
En France, il convient de contacter :
- le 15, correspondant au SAMU ;
- le 112, numéro européen d’urgence ;
- ou de se rendre dans un service d’urgences lorsque l’état du patient le permet.
Il est particulièrement important de demander une aide médicale urgente en présence :
- d’une douleur abdominale très intense ;
- d’une douleur apparaissant brutalement ;
- d’un ventre dur ou très tendu ;
- d’un malaise ;
- d’une perte de connaissance ;
- d’un essoufflement ;
- d’une fièvre élevée avec frissons ;
- de vomissements répétés ;
- de sang dans les vomissements ;
- de selles noires ou sanglantes ;
- d’une hernie devenue douloureuse et impossible à réduire ;
- d’une altération rapide de l’état général.
La prise en charge d’une véritable urgence digestive ne passe pas par une demande de rendez-vous classique au cabinet.
Chirurgie digestive d’urgence a Epinal et Nancy
Quels symptômes peuvent évoquer une urgence digestive ?
Les manifestations dépendent de la maladie responsable.
Les principaux signes d’alerte sont :
- douleur abdominale brutale ou rapidement croissante ;
- douleur persistante pendant plusieurs heures ;
- douleur empêchant de marcher, de dormir ou de trouver une position confortable ;
- ventre gonflé ;
- ventre dur ou très sensible ;
- vomissements répétés ;
- vomissements verdâtres ou contenant du sang ;
- arrêt des gaz et des selles ;
- diarrhée sanglante ;
- fièvre ou frissons ;
- jaunisse ;
- urines très foncées ;
- pâleur ;
- sueurs ;
- accélération du rythme cardiaque ;
- faiblesse importante ;
- confusion ;
- malaise ou baisse de la tension artérielle.
Une douleur abdominale peut toutefois être peu intense au début d’une maladie grave, notamment chez les personnes âgées, diabétiques, immunodéprimées ou traitées par corticoïdes.
L’absence de fièvre ne permet pas non plus d’exclure une urgence chirurgicale.
Quelles sont les principales urgences abdominales ?
Appendicite aiguë
L’appendicite aiguë est une inflammation de l’appendice, petit prolongement situé au début du côlon droit.
La douleur peut commencer autour de l’ombilic ou dans la partie haute de l’abdomen, puis se déplacer vers la partie inférieure droite.
Les symptômes possibles sont :
- douleur en bas à droite de l’abdomen ;
- perte d’appétit ;
- nausées ;
- vomissements ;
- fièvre modérée ;
- douleur accentuée par la marche ou la toux ;
- troubles du transit.
La présentation peut être différente chez l’enfant, la femme enceinte, la personne âgée ou lorsque l’appendice occupe une position anatomique inhabituelle.
Sans traitement, l’appendice peut se perforer et provoquer :
- un abcès ;
- une péritonite localisée ;
- une péritonite généralisée ;
- une infection sévère.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique, la prise de sang et, selon la situation, une échographie ou un scanner.
Le traitement peut comprendre une appendicectomie, généralement réalisée par cœlioscopie. Certaines formes particulières peuvent relever d’un traitement antibiotique ou d’une stratégie différée, après analyse de l’imagerie et de l’état du patient.
Cholécystite aiguë
La cholécystite aiguë est une inflammation de la vésicule biliaire, le plus souvent provoquée par l’obstruction prolongée du canal cystique par un calcul.
Elle provoque généralement :
- une douleur persistante sous les côtes droites ;
- une douleur pouvant irradier vers le dos ou l’épaule droite ;
- de la fièvre ;
- des nausées ;
- des vomissements ;
- une sensibilité importante de la partie supérieure droite de l’abdomen.
L’échographie constitue l’examen de première intention. Une prise de sang permet d’évaluer l’inflammation et de rechercher une éventuelle migration d’un calcul dans la voie biliaire principale.
Lorsque l’état du patient le permet, le traitement repose généralement sur une ablation précoce de la vésicule biliaire, appelée cholécystectomie.
Une antibiothérapie, des antalgiques et une réhydratation sont fréquemment associés.
Certaines situations peuvent nécessiter une stratégie différente, notamment chez un patient fragile ou lorsque l’inflammation est particulièrement importante.
Angiocholite
L’angiocholite est une infection des voies biliaires généralement provoquée par l’obstruction du cholédoque par un calcul.
Elle peut associer :
- douleur sous les côtes droites ;
- fièvre avec frissons ;
- jaunisse ;
- urines foncées ;
- altération de l’état général.
Dans les formes graves, une baisse de la tension artérielle ou des troubles de la conscience peuvent apparaître.
L’angiocholite nécessite une prise en charge hospitalière urgente comprenant :
- antibiothérapie ;
- réhydratation ;
- surveillance ;
- drainage rapide des voies biliaires, le plus souvent par endoscopie.
L’ablation de la vésicule est généralement organisée après le contrôle de l’infection afin de prévenir une nouvelle migration de calcul.
Pancréatite aiguë
La pancréatite aiguë correspond à une inflammation brutale du pancréas.
Les deux causes principales sont :
- la migration d’un calcul biliaire ;
- la consommation excessive d’alcool.
Elle peut provoquer :
- une douleur intense dans la partie haute de l’abdomen ;
- une irradiation vers le dos ;
- des nausées ;
- des vomissements ;
- une sensation de malaise important.
La prise en charge est principalement médicale et hospitalière. Une intervention sur le pancréas n’est pas systématique.
Lorsque la pancréatite est provoquée par des calculs, une endoscopie urgente peut être nécessaire en cas d’obstruction persistante ou d’angiocholite.
Une cholécystectomie est proposée après une pancréatite biliaire peu sévère afin d’éviter une récidive.
Les formes sévères peuvent nécessiter une prise en charge prolongée et multidisciplinaire.
Occlusion intestinale
L’occlusion intestinale correspond à l’arrêt ou à la perturbation majeure de la progression du contenu dans l’intestin.
Elle peut être mécanique, lorsqu’un obstacle bloque physiquement l’intestin, ou fonctionnelle, lorsque les contractions intestinales s’interrompent.
Les symptômes possibles sont :
- douleurs abdominales par vagues ou continues ;
- gonflement du ventre ;
- nausées ;
- vomissements ;
- arrêt des gaz ;
- arrêt des selles ;
- déshydratation.
Les principales causes d’occlusion mécanique sont :
- les adhérences après une précédente opération ;
- les hernies ;
- les tumeurs digestives ;
- les volvulus ;
- certaines maladies inflammatoires ;
- une invagination ou un obstacle intestinal.
Le scanner permet généralement de localiser l’obstacle et de rechercher des signes de souffrance intestinale.
Toutes les occlusions ne nécessitent pas une opération immédiate.
Certaines occlusions sur adhérences peuvent être initialement traitées par :
- mise au repos du tube digestif ;
- perfusion ;
- correction de la déshydratation ;
- sonde gastrique dans certaines situations ;
- surveillance clinique et biologique.
Une intervention devient nécessaire en cas :
- de souffrance de l’intestin ;
- de perforation ;
- de péritonite ;
- de hernie étranglée ;
- d’occlusion complète persistante ;
- d’aggravation malgré le traitement médical ;
- d’obstacle nécessitant une correction chirurgicale.
Hernie incarcérée ou étranglée
Une hernie correspond au passage d’un organe ou de graisse à travers une zone de faiblesse de la paroi abdominale.
Elle peut être :
- inguinale ;
- crurale ;
- ombilicale ;
- incisionnelle ;
- située sur une ancienne cicatrice.
Une hernie est dite incarcérée lorsque son contenu reste bloqué et ne peut plus être replacé dans l’abdomen.
Elle est étranglée lorsque la vascularisation du contenu herniaire est compromise.
Les signes évocateurs comprennent :
- une boule devenue brutalement douloureuse ;
- une hernie dure et impossible à réduire ;
- une rougeur de la peau ;
- des nausées ou des vomissements ;
- un arrêt du transit ;
- une douleur abdominale ;
- une altération de l’état général.
Une hernie douloureuse et irréductible doit être évaluée rapidement.
Lorsque l’intestin est étranglé, une intervention urgente est nécessaire afin de libérer la hernie et d’évaluer la viabilité de l’organe.
Une partie de l’intestin peut devoir être retirée lorsque sa vascularisation a été interrompue trop longtemps.
Perforation digestive
Une perforation correspond à l’apparition d’une ouverture dans la paroi de l’estomac, de l’intestin grêle ou du côlon.
Elle permet au contenu digestif et aux bactéries de se répandre dans l’abdomen.
Les causes possibles comprennent :
- ulcère de l’estomac ou du duodénum ;
- diverticulite ;
- tumeur digestive ;
- maladie inflammatoire ;
- corps étranger ;
- traumatisme ;
- complication d’une endoscopie ou d’une intervention ;
- souffrance ischémique de l’intestin.
La perforation peut provoquer :
- une douleur brutale et intense ;
- un ventre dur ;
- de la fièvre ;
- un malaise ;
- une accélération du rythme cardiaque ;
- une baisse de la tension artérielle ;
- une péritonite.
Le scanner permet généralement d’identifier de l’air ou du liquide en dehors du tube digestif.
Le traitement dépend de la localisation, de la cause, de l’importance de la contamination et de l’état du patient.
Une intervention chirurgicale est souvent nécessaire, mais certaines perforations très limitées et contenues peuvent parfois être traitées sous surveillance spécialisée.
Péritonite
Le péritoine est la membrane qui tapisse l’intérieur de l’abdomen et recouvre les organes digestifs.
La péritonite correspond à une inflammation sévère de cette membrane, généralement liée à la diffusion de bactéries ou de contenu digestif dans la cavité abdominale.
Elle peut être provoquée par :
- une appendicite perforée ;
- une diverticulite perforée ;
- un ulcère perforé ;
- une perforation de l’intestin ;
- une fuite après une chirurgie digestive ;
- une infection biliaire ;
- une souffrance intestinale.
Les symptômes possibles sont :
- douleur abdominale intense ;
- ventre dur ou très sensible ;
- fièvre ;
- vomissements ;
- arrêt du transit ;
- malaise ;
- baisse de la tension artérielle ;
- confusion.
La péritonite nécessite une prise en charge urgente associant :
- réanimation et perfusion ;
- antibiotiques ;
- contrôle de la source de l’infection ;
- intervention chirurgicale ou drainage selon la cause.
Diverticulite aiguë compliquée
La diverticulite est une inflammation ou une infection d’un diverticule du côlon, le plus souvent situé au niveau du côlon sigmoïde.
Elle provoque fréquemment :
- une douleur en bas à gauche de l’abdomen ;
- de la fièvre ;
- une modification du transit ;
- des nausées ;
- une sensibilité abdominale.
La majorité des diverticulites non compliquées ne nécessite pas d’intervention urgente.
Les complications possibles sont :
- abcès ;
- perforation ;
- péritonite ;
- fistule ;
- sténose ;
- occlusion.
Un petit abcès peut parfois être traité par antibiotiques. Un abcès plus important peut nécessiter un drainage guidé par le scanner.
Une péritonite ou une perforation non contrôlée nécessite généralement une intervention.
Selon la situation, la chirurgie peut comprendre :
- lavage et drainage ;
- résection de la partie malade du côlon ;
- raccordement immédiat du côlon ;
- ou création temporaire d’une stomie.
Abcès intra-abdominal
Un abcès intra-abdominal est une collection de pus située dans l’abdomen ou le bassin.
Il peut survenir après :
- une appendicite ;
- une diverticulite ;
- une perforation ;
- une intervention chirurgicale ;
- une infection biliaire ;
- une maladie inflammatoire digestive.
Les symptômes peuvent être peu spécifiques :
- fièvre persistante ;
- douleur localisée ;
- fatigue ;
- perte d’appétit ;
- ralentissement du transit ;
- anomalies persistantes de la prise de sang.
Le scanner permet de localiser la collection.
Le traitement peut associer :
- antibiotiques ;
- drainage radiologique à travers la peau ;
- drainage endoscopique dans certaines situations ;
- chirurgie lorsque le drainage non chirurgical est impossible ou insuffisant.
Ischémie intestinale
L’ischémie intestinale correspond à une diminution ou à un arrêt de l’apport sanguin vers une partie de l’intestin.
Elle peut être provoquée par :
- un caillot dans une artère ;
- une thrombose veineuse ;
- une baisse importante de la circulation sanguine ;
- une occlusion étranglée ;
- un volvulus.
La douleur peut être très intense alors que l’abdomen paraît initialement peu sensible.
D’autres symptômes peuvent apparaître :
- nausées ;
- vomissements ;
- diarrhée ;
- sang dans les selles ;
- altération rapide de l’état général.
L’ischémie intestinale constitue une urgence majeure.
Le traitement peut associer :
- médicaments anticoagulants ;
- traitement vasculaire ;
- radiologie interventionnelle ;
- chirurgie.
Lorsque l’intestin n’est plus viable, sa résection est nécessaire.
Volvulus
Le volvulus correspond à la rotation d’une partie de l’intestin autour de son axe.
Cette rotation peut provoquer :
- une occlusion ;
- une interruption de la vascularisation ;
- une perforation.
Le volvulus touche notamment le côlon sigmoïde ou le cæcum.
Le traitement dépend de la localisation et de l’existence d’une souffrance intestinale.
Un volvulus du côlon sigmoïde sans perforation peut parfois être détordu par endoscopie avant une chirurgie programmée.
Une perforation, une péritonite ou une souffrance intestinale nécessite une intervention urgente.
Hémorragie digestive
Une hémorragie digestive peut se manifester par :
- vomissement de sang rouge ;
- vomissement d’un liquide sombre ;
- selles noires ;
- sang rouge dans les selles ;
- malaise ;
- pâleur ;
- essoufflement ;
- accélération du rythme cardiaque ;
- baisse de la tension artérielle.
Les causes sont nombreuses :
- ulcère ;
- varices œsophagiennes ;
- diverticules ;
- tumeur ;
- inflammation ;
- malformation vasculaire ;
- saignement après une intervention.
Le traitement est le plus souvent endoscopique ou radiologique.
Une intervention chirurgicale peut être nécessaire lorsque le saignement est massif, récidivant ou impossible à contrôler par les autres techniques.
Comment se déroule l’évaluation aux urgences ?
La prise en charge débute par l’évaluation de la gravité.
L’équipe recherche notamment :
- l’état de conscience ;
- la fréquence cardiaque ;
- la tension artérielle ;
- la température ;
- la fréquence respiratoire ;
- le niveau de douleur ;
- les signes de déshydratation ;
- les signes de saignement ou d’infection sévère.
Lorsque l’état du patient est instable, les traitements nécessaires sont commencés avant même que le diagnostic soit définitivement établi.
Ils peuvent comprendre :
- pose d’une voie veineuse ;
- perfusion ;
- oxygène ;
- antalgiques ;
- antibiotiques ;
- transfusion ;
- surveillance continue ;
- traitement d’un trouble de la coagulation.
Interrogatoire médical
L’interrogatoire précise :
- l’heure de début des symptômes ;
- leur évolution ;
- la localisation de la douleur ;
- les vomissements ;
- le transit ;
- la présence de fièvre ;
- les précédentes opérations ;
- les maladies connues ;
- les traitements habituels ;
- les anticoagulants ;
- les allergies ;
- une éventuelle grossesse ;
- les derniers repas.
Les antécédents chirurgicaux sont particulièrement importants, car une précédente opération abdominale peut favoriser une occlusion par adhérences.
Examen abdominal
L’examen clinique recherche notamment :
- une douleur localisée ;
- une défense abdominale ;
- une contracture ;
- un ventre distendu ;
- une masse ;
- une hernie ;
- une cicatrice ;
- une diminution ou une augmentation des bruits intestinaux ;
- des signes d’irritation du péritoine.
Un toucher rectal ou un examen gynécologique peut être proposé selon les symptômes et le diagnostic suspecté.
Quels examens biologiques sont réalisés ?
La prise de sang peut comprendre :
- numération des globules rouges et blancs ;
- protéine C-réactive ;
- fonction rénale ;
- sodium et potassium ;
- bilan hépatique ;
- bilirubine ;
- lipase ;
- coagulation ;
- lactates ;
- groupe sanguin ;
- recherche d’une grossesse selon le contexte.
Les résultats permettent d’évaluer :
- l’inflammation ;
- l’infection ;
- la déshydratation ;
- l’anémie ;
- une obstruction biliaire ;
- une pancréatite ;
- une souffrance tissulaire ;
- le risque anesthésique.
Un bilan biologique normal n’exclut pas toujours une urgence débutante.
Quelle est la place du scanner ?
Le scanner abdomino-pelvien avec injection de produit de contraste constitue un examen central pour de nombreuses urgences digestives.
Il permet notamment de rechercher :
- une appendicite ;
- une diverticulite ;
- une occlusion ;
- une perforation ;
- un abcès ;
- une hernie étranglée ;
- une ischémie intestinale ;
- une complication postopératoire ;
- une tumeur ;
- un saignement actif.
L’injection de produit de contraste améliore l’analyse de la vascularisation et des organes.
Le scanner n’est toutefois pas systématique. Son indication dépend de l’âge, des symptômes, de la grossesse éventuelle, de la fonction rénale et du diagnostic suspecté.
Quelle est la place de l’échographie ?
L’échographie est particulièrement utile pour :
- les calculs de la vésicule ;
- la cholécystite ;
- certaines appendicites ;
- les douleurs chez l’enfant ;
- l’évaluation initiale d’une femme enceinte ;
- certaines pathologies gynécologiques ou urinaires.
Elle n’utilise pas de rayons X.
Sa performance peut cependant être limitée par les gaz intestinaux, l’obésité ou la profondeur de la zone étudiée.
D’autres examens peuvent-ils être nécessaires ?
Selon la situation, le bilan peut également comprendre :
- radiographie ;
- IRM ;
- endoscopie digestive haute ;
- coloscopie ;
- échoendoscopie ;
- cholangio-IRM ;
- angiographie ;
- exploration vasculaire ;
- radiologie interventionnelle.
Le choix dépend du diagnostic et de la stabilité du patient.
Toutes les urgences digestives nécessitent-elles une opération ?
Non.
Une urgence digestive signifie que le patient doit être évalué et traité rapidement. Elle ne signifie pas nécessairement qu’une opération est indispensable.
Les traitements non chirurgicaux peuvent comprendre :
- surveillance hospitalière ;
- jeûne temporaire ;
- perfusion ;
- antalgiques ;
- antibiotiques ;
- anticoagulants ;
- sonde gastrique ;
- endoscopie ;
- extraction d’un calcul biliaire ;
- coagulation d’un saignement ;
- drainage radiologique d’un abcès ;
- traitement vasculaire.
La chirurgie est proposée lorsque :
- la cause ne peut pas être contrôlée autrement ;
- un organe est perforé ;
- une péritonite est présente ;
- l’intestin souffre ;
- un obstacle persiste ;
- une hernie est étranglée ;
- une infection ne peut pas être drainée autrement ;
- un saignement reste incontrôlable ;
- l’état du patient s’aggrave malgré le traitement médical.
Peut-on surveiller avant de décider d’opérer ?
Oui, dans certaines situations.
La surveillance hospitalière peut permettre d’évaluer l’évolution sous traitement.
Elle repose sur :
- examens cliniques répétés ;
- surveillance de la douleur ;
- contrôle du pouls et de la tension ;
- répétition des prises de sang ;
- surveillance du transit ;
- nouvelle imagerie si nécessaire.
Une stratégie initialement non chirurgicale peut être modifiée rapidement en cas d’aggravation.
Le fait de ne pas opérer immédiatement ne signifie donc pas que la maladie est négligée.
Comment se déroule une opération en urgence ?
Une fois l’indication posée, la prise en charge comprend généralement :
- information du patient ou de ses proches ;
- consultation anesthésique urgente ;
- correction des troubles les plus importants ;
- antibiothérapie lorsque cela est indiqué ;
- préparation du bloc opératoire ;
- intervention ;
- surveillance en salle de réveil ;
- hospitalisation en chirurgie, en soins continus ou en réanimation selon l’état du patient.
Le degré d’urgence dépend de la maladie.
Certaines interventions doivent être réalisées immédiatement. D’autres peuvent être organisées dans les heures suivantes après réhydratation, correction d’un trouble de la coagulation ou réalisation des examens nécessaires.
Chirurgie par cœlioscopie
Lorsque les conditions le permettent, l’intervention peut être réalisée par cœlioscopie.
Une caméra et des instruments sont introduits à travers plusieurs petites incisions.
La cœlioscopie peut être utilisée pour :
- appendicectomie ;
- cholécystectomie ;
- exploration d’une douleur inexpliquée ;
- traitement de certaines occlusions ;
- lavage d’une péritonite ;
- suture de certaines perforations ;
- traitement de certaines hernies étranglées ;
- résection intestinale dans des situations sélectionnées.
Elle peut permettre :
- une exploration complète de l’abdomen ;
- des cicatrices plus limitées ;
- une mobilisation plus précoce ;
- une récupération facilitée.
Son utilisation dépend toutefois :
- de la stabilité du patient ;
- de l’importance de la distension intestinale ;
- de la contamination abdominale ;
- des précédentes opérations ;
- de l’expérience de l’équipe ;
- de la complexité du geste.
Chirurgie ouverte
Une laparotomie correspond à une ouverture plus large de l’abdomen.
Elle peut être nécessaire en cas :
- d’instabilité hémodynamique ;
- de péritonite importante ;
- de distension majeure de l’intestin ;
- de multiples adhérences ;
- de nécrose intestinale étendue ;
- de saignement incontrôlé ;
- de tumeur complexe ;
- de difficulté rencontrée pendant la cœlioscopie.
Une intervention commencée par cœlioscopie peut être convertie en chirurgie ouverte lorsqu’elle ne permet plus de poursuivre le geste en sécurité.
Cette conversion ne constitue pas un échec. Elle correspond à une adaptation nécessaire aux constatations opératoires.
Quelle est la place de la chirurgie robotique en urgence ?
La chirurgie robotique est principalement utilisée pour des interventions programmées.
Son installation nécessite du matériel, une équipe disponible et un temps d’organisation compatible avec l’état du patient.
Elle peut être utilisée dans certaines urgences sélectionnées lorsque :
- le patient est stable ;
- la situation n’impose pas une intervention immédiate ;
- le matériel et l’équipe sont disponibles ;
- un bénéfice technique est attendu.
Elle ne doit jamais retarder une opération urgente et ne constitue pas la voie d’abord habituelle des situations instables.
Une partie de l’intestin peut-elle devoir être retirée ?
Oui.
Une résection intestinale peut être nécessaire lorsque l’intestin est :
- perforé ;
- nécrosé ;
- irréversiblement ischémique ;
- détruit par une infection ;
- obstrué par une tumeur ;
- traumatisé ;
- atteint par une maladie inflammatoire compliquée.
Après la résection, les deux extrémités peuvent parfois être raccordées immédiatement. Cette jonction est appelée anastomose.
Dans d’autres situations, le risque de fuite est jugé trop important et une stomie temporaire ou définitive peut être nécessaire.
La décision dépend :
- de l’état général ;
- de la contamination abdominale ;
- de la qualité de l’intestin ;
- de la vascularisation ;
- de la localisation ;
- des traitements en cours ;
- de la stabilité du patient.
Une stomie peut-elle être nécessaire ?
Une stomie consiste à aboucher temporairement ou définitivement une partie de l’intestin à la peau de l’abdomen.
Les selles sont alors recueillies dans une poche.
Une stomie peut être nécessaire en urgence lorsque :
- l’abdomen est fortement contaminé ;
- l’intestin est fragile ;
- une anastomose présente un risque excessif ;
- une obstruction doit être rapidement dérivée ;
- une partie importante du côlon ou du rectum est malade ;
- l’état général ne permet pas une reconstruction immédiate.
Lorsque la stomie est temporaire, sa fermeture est discutée après guérison, en fonction de l’état du patient et de l’anatomie digestive.
Quels sont les risques d’une chirurgie digestive urgente ?
Le risque dépend fortement de la maladie, de sa gravité et de l’état du patient.
Les complications possibles comprennent :
- infection de la cicatrice ;
- abcès abdominal ;
- saignement ;
- fuite digestive ;
- péritonite ;
- nouvelle intervention ;
- occlusion postopératoire ;
- retard de reprise du transit ;
- pneumonie ;
- infection urinaire ;
- thrombose veineuse ;
- embolie pulmonaire ;
- complication cardiaque ;
- insuffisance rénale ;
- nécessité d’une stomie ;
- passage en réanimation ;
- décès dans les situations les plus graves.
Le risque est généralement supérieur à celui d’une intervention programmée, car :
- la maladie a déjà évolué ;
- une infection peut être présente ;
- le patient peut être déshydraté ou instable ;
- le temps de préparation est limité ;
- les tissus sont inflammatoires ou fragiles.
Une prise en charge précoce permet souvent de réduire ces risques.
Que se passe-t-il après l’intervention ?
La surveillance postopératoire porte notamment sur :
- la douleur ;
- la tension artérielle ;
- le rythme cardiaque ;
- la respiration ;
- la température ;
- la reprise du transit ;
- la reprise de l’alimentation ;
- la cicatrisation ;
- les drains éventuels ;
- les résultats biologiques ;
- les signes d’infection ou de fuite.
Selon la gravité initiale, le patient peut être hospitalisé :
- en service de chirurgie ;
- en unité de surveillance continue ;
- en réanimation.
Quand reprend-on l’alimentation ?
La reprise dépend de l’intervention et du fonctionnement de l’intestin.
Après certaines opérations, des boissons puis une alimentation légère peuvent être proposées rapidement.
Après une occlusion, une péritonite ou une résection intestinale complexe, la reprise peut être plus progressive.
Une nutrition par sonde ou par voie intraveineuse peut exceptionnellement être nécessaire lorsque l’alimentation digestive reste impossible pendant une période prolongée.
Pourquoi faut-il se mobiliser rapidement ?
La mobilisation précoce permet de limiter :
- la perte musculaire ;
- les complications respiratoires ;
- les thromboses veineuses ;
- la constipation ;
- la perte d’autonomie.
Elle est adaptée à l’état du patient et réalisée avec l’aide des soignants lorsque cela est nécessaire.
Combien de temps dure l’hospitalisation ?
La durée varie considérablement.
Une appendicectomie simple ou une cholécystectomie non compliquée peut nécessiter une hospitalisation courte.
Une péritonite, une ischémie intestinale ou une résection digestive complexe peut imposer plusieurs jours ou plusieurs semaines d’hospitalisation.
La sortie dépend notamment :
- du contrôle de la douleur ;
- de la reprise de l’alimentation ;
- de la reprise du transit ;
- de l’absence de complication ;
- de l’autonomie ;
- de l’organisation du retour à domicile.
Quels signes doivent conduire à consulter après le retour à domicile ?
Une réévaluation rapide est nécessaire en cas :
- de fièvre persistante ;
- de frissons ;
- de douleur abdominale croissante ;
- de ventre très gonflé ;
- de vomissements répétés ;
- d’arrêt prolongé des gaz et des selles ;
- de jaunisse ;
- de malaise ;
- d’essoufflement ;
- de douleur thoracique ;
- de douleur ou gonflement d’un mollet ;
- de saignement digestif ;
- d’écoulement purulent par la cicatrice ;
- de rougeur qui s’étend ;
- d’ouverture de la plaie ;
- d’altération de l’état général.
Les consignes précises dépendent de l’intervention réalisée et sont expliquées avant la sortie.
Foire aux questions
Une douleur abdominale nécessite-t-elle toujours une opération ?
Non. De nombreuses douleurs abdominales relèvent d’un traitement médical. Une douleur intense, persistante ou associée à des signes d’alerte nécessite toutefois une évaluation rapide.
Une urgence digestive est-elle toujours immédiatement opérée ?
Non. Certaines maladies sont d’abord traitées par antibiotiques, endoscopie, drainage radiologique ou surveillance hospitalière.
Peut-on être opéré en urgence par cœlioscopie ?
Oui. De nombreuses urgences peuvent être traitées par cœlioscopie lorsque l’état du patient et les constatations anatomiques le permettent.
Une opération peut-elle être convertie en chirurgie ouverte ?
Oui. Une conversion est réalisée lorsque la chirurgie ouverte permet de poursuivre l’intervention dans de meilleures conditions de sécurité.
Une appendicite doit-elle toujours être opérée immédiatement ?
Une appendicite nécessite une prise en charge rapide. Le traitement et son calendrier dépendent de sa forme, de l’imagerie et de l’état du patient.
Une cholécystite doit-elle toujours être opérée ?
La cholécystectomie précoce constitue le traitement de référence de nombreuses cholécystites, mais la stratégie peut être adaptée chez certains patients fragiles ou dans des situations complexes.
Une occlusion nécessite-t-elle toujours une opération ?
Non. Certaines occlusions sur adhérences peuvent se résoudre sous surveillance médicale. Une souffrance intestinale, une perforation ou un échec du traitement impose une intervention.
Une hernie douloureuse est-elle une urgence ?
Une hernie devenue brutalement douloureuse, dure et impossible à réduire doit être évaluée rapidement en raison du risque d’étranglement.
Une péritonite est-elle toujours grave ?
Oui. Une péritonite peut rapidement provoquer une infection généralisée et une défaillance des organes. Elle nécessite une prise en charge hospitalière urgente.
Peut-on avoir une urgence digestive sans fièvre ?
Oui. Une appendicite, une occlusion, une ischémie ou une perforation peuvent débuter sans fièvre.
Le scanner est-il toujours nécessaire ?
Non. Il est très fréquemment utilisé, mais certaines maladies sont diagnostiquées par l’examen clinique, l’échographie ou d’autres examens.
Les antibiotiques peuvent-ils éviter une opération ?
Dans certaines maladies, oui. Dans d’autres, ils permettent seulement de contrôler temporairement l’infection et doivent être associés à un drainage ou à une chirurgie.
Une stomie est-elle toujours définitive ?
Non. De nombreuses stomies réalisées en urgence sont temporaires. Leur fermeture est discutée après la guérison.
La chirurgie robotique est-elle utilisée en urgence ?
Elle reste limitée à certaines situations sélectionnées et ne doit jamais retarder une intervention urgente.
Combien de temps dure la convalescence ?
Elle dépend de la maladie, de la voie d’abord, de l’importance de l’intervention et de l’existence de complications.
Que faire en cas de douleur abdominale brutale ?
Il faut contacter le 15 ou le 112, ou se rendre dans un service d’urgences selon l’état du patient. Une demande de rendez-vous programmé ne doit pas retarder l’évaluation.
Prise en charge des urgences digestives à Nancy et Épinal
Le Docteur Elias Bouziane participe à la prise en charge chirurgicale des urgences digestives à Nancy et à Épinal, dans le cadre de l’organisation médicale et chirurgicale des établissements dans lesquels il exerce.
Les principales pathologies concernées comprennent notamment :
- appendicites aiguës ;
- cholécystites aiguës ;
- occlusions intestinales ;
- hernies étranglées ;
- perforations digestives ;
- péritonites ;
- diverticulites compliquées ;
- abcès intra-abdominaux ;
- ischémies intestinales ;
- certaines complications postopératoires.
La stratégie est adaptée à chaque situation et peut associer :
- traitement médical ;
- antibiothérapie ;
- endoscopie ;
- radiologie interventionnelle ;
- surveillance hospitalière ;
- chirurgie par cœlioscopie ;
- chirurgie ouverte.
En cas de douleur abdominale intense, brutale ou associée à une altération de l’état général, il est nécessaire de contacter le 15, le 112 ou de se rendre dans un service d’urgences. La consultation chirurgicale programmée ne remplace pas l’évaluation hospitalière d’une urgence aiguë.